Le départ aux Philippines est-il intéressant pour vous ?
Tout dépend de la nature de vos revenus. La règle philippine est simple : un étranger, résident ou non, n'est imposé aux Philippines que sur ses revenus de source philippine (section 23 du code des impôts philippin, le NIRC). La réforme CMEPA, en vigueur depuis le 1er juillet 2025, n'y a rien changé. Votre retraite française, vos dividendes, vos plus-values sur un compte-titres à l'étranger ou vos honoraires facturés à des clients hors des Philippines ne sont pas imposés à Davao, même si vous rapatriez l'argent sur un compte local.
Mais la convention fiscale franco-philippine laisse à la France le droit d'imposer plusieurs revenus importants. Concrètement :
- •Vous vivez surtout de vos retraites de base et AGIRC-ARRCO : elles restent imposées en France. Le gain tient ailleurs : plus de CSG, de CRDS ni de Casa sur vos pensions, et un coût de la vie bien plus bas.
- •Vous vivez de vos placements ou d'une activité hors de France : c'est là que le départ change le plus. Ce qui n'a pas de source française n'est imposé ni en France (vous n'y êtes plus résident) ni aux Philippines (ce n'est pas un revenu philippin).
- •Vous détenez un patrimoine financier important : regardez d'abord l'exit tax, plus bas sur cette page.
Côté transparence, soyons précis : les Philippines ne pratiquent pas d'échange automatique de données bancaires (CRS). Elles échangent en revanche des informations sur demande au titre de la convention multilatérale de l'OCDE, en vigueur pour elles depuis le 1er mai 2025, et se sont engagées à échanger les données sur les crypto-actifs (CARF) à partir de 2028. Ce statut peut évoluer : construisez votre projet sur une vraie résidence, pas sur l'absence d'échange.
Le fonctionnement complet du côté philippin (statut de résident étranger, TIN, déclaration à zéro) est expliqué sur notre page fiscalité aux Philippines.
Ce qui reste imposable en France
La convention entre la France et les Philippines a été signée le 9 janvier 1976 et est en vigueur depuis le 24 août 1978. Elle a été modifiée en 1995 et en 2011 (l'avenant de 2011 a remplacé la clause d'échange de renseignements). Voici comment elle répartit vos revenus une fois que vous résidez aux Philippines :
| Revenu | Qui peut l'imposer | En pratique |
|---|---|---|
| Retraite de base et retraite complémentaire AGIRC-ARRCO | La France seulement (article 18, paragraphe 2) | Pensions de sécurité sociale. Le Conseil d'État y range l'AGIRC-ARRCO (27 juin 2016, n° 388606, pour une convention rédigée de la même façon). Retenue à la source en France. |
| Pension de la fonction publique | La France seulement (article 19, paragraphe 2) | Imposée en France comme aujourd'hui. |
| Retraite privée liée à un ancien emploi (par exemple une retraite supplémentaire d'entreprise) | Les Philippines seulement (article 18, paragraphe 1) | Les Philippines ne l'imposent pas, car c'est un revenu de source étrangère. |
| Loyers d'un bien situé en France | La France (article 6) | Taux minimum des non-résidents : 20 %, puis 30 % au-delà du seuil. |
| Dividendes de sociétés françaises | La France, retenue limitée par la convention | 15 % au plus pour un particulier (10 % pour une société détenant au moins 10 %). |
| Intérêts de source française | La France, retenue limitée par la convention | 15 % au plus. |
| Revenus et plus-values sans source française | Ni la France ni les Philippines | Le cœur de l'intérêt du départ, à condition d'être vraiment non-résident. |
| Immobilier détenu en France | IFI en France | Seulement sur l'immobilier français, au-delà de 1 300 000 €. |
Les pensions françaises versées à des non-résidents subissent la retenue à la source de l'article 182 A du CGI (2026 : 0 % jusqu'à 17 275 € par an, 12 % jusqu'à 50 112 €, 20 % au-delà, après abattement de 10 %), sauf si une convention attribue le droit d'imposer à votre nouveau pays.
Le droit français en bref
Ce que prévoit le droit français pour toute personne qui quitte la France, quelle que soit sa destination.
France
- Résidence fiscale
- Prend fin si aucun critère de l'art. 4 B ne subsisteSources : bofip.impots.gouv.fr, service-public.gouv.fr
- Impôt de départ
- Exit tax sur titres de plus de 800 000 € ou 50 %Sources : legifrance.gouv.fr (archive), senat.fr, assemblee-nationale.fr
- Retraite publique à l’étranger
- Versée à l'étranger ; retenue 0/12/20 % hors conventionSources : lassuranceretraite.fr, cleiss.fr, service-public.gouv.fr, bofip.impots.gouv.fr
Vérifié auprès des sources officielles le 25 octobre 2026. Ces lignes décrivent le droit de votre pays d’origine. Ce que la convention avec les Philippines y change est expliqué sur cette page.
La retraite privée : un droit, et une preuve à fournir
Sur le papier, une retraite privée liée à un ancien emploi n'est plus imposable en France dès que vous résidez aux Philippines. En pratique, la caisse qui la verse peut vous demander de justifier votre résidence avant de cesser la retenue à la source. Or le Bureau of Internal Revenue (BIR), l'administration fiscale philippine, ne délivre plus de certificat de résidence fiscale (TRC) aux étrangers : ses règles publiées (RMO 51-2019, maintenue par RMO 43-2020) le réservent aux citoyens et aux sociétés philippines.
Ce que vous pouvez produire, c'est votre SRRV, votre bail, votre enregistrement au BIR et, chaque année, la certification du BIR attestant votre statut de résident étranger, délivrée par le Revenue District Office de Davao. Ce document n'est pas un TRC. Il faut donc savoir que l'arrêt de la retenue, ou son remboursement, dépend de ce que la caisse et l'administration française acceptent comme preuve. Ne bâtissez pas votre budget sur un remboursement. Plus de détails sur notre page attestation de résidence.
Ce que coûte le départ : l'exit tax
L'exit tax frappe, au moment du départ, les plus-values latentes sur vos titres, comme si vous les aviez vendus. Selon l'article 167 bis du CGI, si vous avez été fiscalement domicilié en France pendant au moins six des dix années précédant votre départ, les plus-values latentes de votre foyer sur les droits sociaux et valeurs mobilières sont imposées lors du départ (impôt sur le revenu et prélèvements sociaux) lorsque ces titres représentent au moins 50 % des bénéfices sociaux d'une société ou valent au total plus de 800 000 €.
L'impôt disparaît si vous gardez vos titres. L'impôt est dégrevé si vous détenez encore les titres deux ans après le départ, ou cinq ans s'ils valaient plus de 2,57 millions d'euros. Si vous vendez avant, l'impôt devient exigible.
Le sursis de paiement n'est pas automatique pour les Philippines. Le sursis de paiement n'est automatique que pour un départ vers un État de l'Union européenne ou vers un État lié à la France par des accords d'échange de renseignements et d'assistance au recouvrement et qui ne figure pas sur la liste des États non coopératifs ; dans les autres cas, il faut une demande expresse, un représentant en France et des garanties égales à 12,8 % des plus-values, constituées avant le départ. Les Philippines appliquent la convention multilatérale de l'OCDE avec une réserve sur l'assistance au recouvrement. Pour un départ vers les Philippines, prévoyez donc un sursis sur demande, avec garanties, à préparer avec votre conseil fiscal avant le départ.
Côté formalités, l'exit tax se déclare l'année qui suit le départ, avec votre déclaration de revenus n° 2042, l'annexe 2042-C et le formulaire n° 2074-ETD.
À surveiller : un amendement au projet de loi de finances pour 2027, adopté en commission des finances de l'Assemblée nationale le 4 octobre 2026, propose d'étendre l'exit tax aux crypto-actifs de plus de 800 000 € pour les départs à partir du 1er janvier 2027. Ce n'est pas encore la loi, mais si vous détenez des crypto-actifs importants, le calendrier de votre départ peut compter.
Partir dans les règles
La France impose sur leurs revenus mondiaux les personnes dont le domicile fiscal se situe en France (article 4 B du CGI), et vous y êtes domicilié dès qu'un seul critère est rempli : votre foyer ou le lieu de votre séjour principal (en règle générale plus de six mois par an), une activité professionnelle qui n'est pas exercée à titre accessoire, ou le centre de vos intérêts économiques. La résidence fiscale ne prend donc fin que lorsqu'aucun de ces critères n'est plus rempli, et les conventions fiscales prévalent lorsque deux États vous considèrent comme résident. Partir proprement, c'est déplacer ces trois points, puis le documenter.
- 1
Déplacez vraiment votre vie
Foyer, séjour principal, activité, intérêts économiques : aucun de ces critères ne doit rester en France. Un logement que vous gardez à disposition ou une activité qui continue en France peut suffire à vous y maintenir.
- 2
Signalez votre nouvelle adresse
Signalez votre nouvelle adresse à l'étranger à votre service des impôts via la messagerie sécurisée de votre espace en ligne.
- 3
Déclarez l'année du départ
Au printemps suivant l'année du départ, déclarez vos revenus mondiaux du 1er janvier à la date du départ et vos revenus de source française de cette date au 31 décembre, en indiquant la nouvelle adresse et la date du départ (sur papier : formulaire 2042 avec le 2047 pour les revenus étrangers, et formulaire 2042-NR) ; les années suivantes, vos revenus de source française relèvent du service des impôts des particuliers non-résidents (SIP-NR) à Noisy-le-Grand.
- 4
Traitez l'exit tax si elle vous concerne
Préparez avec votre conseil, avant le départ, la demande de sursis et les garanties, puis déposez le formulaire 2074-ETD l'année suivante.
- 5
Construisez votre dossier de résidence aux Philippines
SRRV, bail à votre nom, attestation de résidence du barangay, enregistrement au BIR, tampons d'entrée et de sortie, et chaque année la certification du BIR sur votre statut de résident étranger. Ce dossier répond aux questions de votre caisse de retraite comme à celles de l'administration.
Santé : l'Assurance maladie ne vous suit pas
La convention de sécurité sociale entre la France et les Philippines (signée le 7 février 1990, en vigueur depuis le 1er novembre 1994) ne couvre que les pensions de vieillesse. Elle ne prévoit aucun remboursement des soins reçus aux Philippines au titre de votre retraite française. La couverture maladie publique (PUMa) suppose de travailler ou de résider en France de manière stable et régulière ; elle prend donc fin avec un départ définitif : vous déclarez le transfert de résidence à votre CPAM, vous n'êtes plus assuré social en France et vous restituez votre carte Vitale.
Les Français peuvent adhérer volontairement à la Caisse des Français de l'Étranger (CFE) ou souscrire une assurance privée. Pour la plupart des retraités, la solution réaliste est une assurance santé internationale (contrat expatrié), qui couvre les Philippines et le choix de l'hôpital. Une assurance locale complétée par PhilHealth coûte bien moins cher, mais avec des limites pour les traitements lourds et sans couverture lors de vos séjours en Europe. Demandez vos devis avant de partir : l'âge pèse lourd sur l'acceptation et le prix.
Les retraités dont la pension, servie par un régime de base français, rémunère au moins 15 ans d'assurance en France conservent la prise en charge de leurs soins lors de séjours temporaires en France. Cette prise en charge ne s'étend pas à votre conjoint qui vit avec vous à l'étranger. Dès que votre résidence fiscale n'est plus en France, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont plus prélevées, mais une cotisation d'assurance maladie (en règle générale 3,2 % sur la retraite de base et 4,2 % sur la complémentaire) est retenue si vous restez à la charge d'un régime français.
Ce que fait MyDavaoBase
Nous construisons la partie philippine de votre départ, celle qui rend votre résidence réelle et prouvable : un vrai domicile à Davao, pas une boîte aux lettres.
- •Le forfait SRRV (à partir de 4 999 USD) : la résidence permanente dès 40 ans, sans durée minimale de séjour, avec la gestion complète du dossier auprès de la Philippine Retirement Authority, la recherche et la négociation du bail, l'enregistrement au BIR et votre TIN, la carte ACR et l'aide à l'ouverture d'un compte bancaire local. Tout sur le SRRV.
- •Le Nomad Starter Package (à partir de 3 099 USD) si vous voulez d'abord essayer Davao sans vous engager sur un visa permanent.
La partie française (déclaration de départ, exit tax, échanges avec votre caisse de retraite) relève de votre conseil fiscal en France. Nous lui fournissons les pièces philippines dont il a besoin. Vous préparez votre retraite ? Lisez aussi notre page retraite aux Philippines.
Voir le forfait SRRV dans la boutique, commander directement, ou écrivez-nous : notre formulaire accepte les messages en français.
Sources
Textes officiels consultés le 25 octobre 2026 :
- •Convention fiscale France Philippines, commentaire de l'administration : BOFiP, BOI-INT-CVB-PHL, et texte publié au Recueil des traités des Nations unies, vol. 1111, I-17184
- •Exit tax : article 167 bis du CGI sur Légifrance, réponses ministérielles publiées au JO Sénat du 27 février 2020, au JO Assemblée nationale du 28 mai 2019 et au JO Sénat du 15 décembre 2022
- •Projet d'extension aux crypto-actifs : amendement n° I-CF1822 au projet de loi de finances pour 2027
- •Retenue à la source sur les pensions des non-résidents : BOFiP, BOI-BAREME-000043
- •Domicile fiscal (article 4 B du CGI) : BOFiP, BOI-IR-CHAMP-10
- •Formalités de départ : service-public.gouv.fr, fiche F31442
- •Santé et cotisations des retraités aux Philippines : CLEISS, retraite aux Philippines et CLEISS, accords France Philippines
Cette page est une information générale, pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles changent : vérifiez votre situation avec un conseil fiscal en France avant de partir.
Questions fréquentes
Ma retraite CNAV et AGIRC-ARRCO sera-t-elle imposée aux Philippines ?
Non. Ce sont des pensions de sécurité sociale au sens de la convention : elles restent imposables uniquement en France, avec une retenue à la source. Les Philippines ne les imposent pas. Vous ne payez en revanche plus de CSG, de CRDS ni de Casa une fois votre résidence fiscale hors de France.
Mes dividendes et plus-values sont-ils encore imposés en France ?
Les dividendes de sociétés françaises, oui, avec une retenue limitée à 15 % par la convention. Les revenus et plus-values sans source française ne sont imposés ni en France ni aux Philippines. Au moment du départ, vérifiez d'abord si l'exit tax s'applique (titres de plus de 800 000 € ou participation d'au moins 50 % des bénéfices d'une société).
Ai-je droit au sursis automatique de l'exit tax en partant aux Philippines ?
Comptez sur un sursis sur demande, avec garanties. Le sursis de plein droit suppose une convention d'assistance au recouvrement, et les Philippines ont exclu cette assistance de la convention multilatérale de l'OCDE. L'impôt est dégrevé si vous conservez vos titres deux ans (cinq ans au-delà de 2 570 000 €).
Les Philippines me délivreront-elles un certificat de résidence fiscale ?
Non. Le BIR réserve aujourd'hui le TRC aux citoyens et sociétés philippines. Avec le SRRV, vous obtenez chaque année la certification du BIR attestant votre statut de résident étranger, imposé aux Philippines sur vos seuls revenus philippins. Ce n'est pas un TRC : ne comptez pas sur un remboursement de retenue française qui en dépendrait.
Que se passe-t-il pour ma santé aux Philippines ?
La Sécurité sociale française ne rembourse pas les soins reçus aux Philippines. Prévoyez la CFE ou une assurance santé internationale, et faites vos devis avant le départ. Vos séjours temporaires en France peuvent rester couverts, sous conditions.
Dois-je vendre ma maison en France ?
Pas forcément, mais un logement gardé à votre disposition peut suffire à vous maintenir résident fiscal français (article 4 B du CGI). Si vous le louez, les loyers restent imposables en France. L'IFI ne vise que l'immobilier français au-delà de 1 300 000 €.
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